Épuisement
Inertie. C'est un mot censé. Plus de force pour avancer, alors je fais du sur place. Je n'accomplis rien. Plus. Je ne crée plus. Stagner. C'est un mot sensé. Ce que je suis censée faire est trouver un sens à tout ça. Me remettre sur les rails. Prendre le train en marche, ou descendre au prochain arrêt. Et pourquoi je ne ferais pas du sur place? Sans rien devoir à personne, sans rien devoir expliquer. Juste dire que je suis là. J'attends. Une heure ou un an. Le temps, ce n'est qu'un mot. Le temps c'est la vie qui défile et les horizons qui s’enchaînent. Je veux juste être. Respirer et expirer. Sentir l'air me parcourir, puis me quitter. Ni marcher, ni travailler, ni voyager. Rire parfois, pleurer aussi. Je ne veux plus faire, faire, faire. Je ne veux plus me définir par une action. Je ne veux plus être censée, je veux être sensée. Suivre les saisons. A l'hiver hiberner. Au printemps renaître. A l'été danser sous le soleil. A l'automne perdre mes feuilles. Je veux m’enivrer de vin. Du Pinot, du Champagne du Merlot. Gourmande de tout. Je veux rester là et satisfaire ma gourmandise. Ma faim de vivre comme je l'entends. Mes règles, ma loi. Sauf que là dehors il y à la vie, la vraie. Pas mon utopie. La vie de tout les jours m'agresse, me heurte. Je n'y trouve pas ma place. C'est une dystopie qui me torture. Faire, faire, produire, s'élever. Rendre des comptes. Je n'y arrive plus. Alors je fais une pause. Une trêve? Et qui alors comprendra? Que je veux être hors du jeu. Hors du sens commun. En dehors des sentiers battus. Comme disais Brassens, je suis de la mauvaise herbe. Je ne pousse pas dans vos allées bitumées. Je pousse et m'ancre dans la forêt au milieu des bouleaux. Ailleurs je ne suis pas moi.

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