Liberté, égalité, fraternité


 Avancer dans un long couloir, oppressée par le brouhaha autour de moi. Plus j'avance et plus je m'enfonce dans cette violence que j'essaie de ne pas voir. J'ai beau fermer les yeux je les entends leurs voix qui assènent des mots de plus en plus sanglants. Dans leur hémicycle ils sont rois. Tout là haut à coup de lois ils nous font sentir minable. Petits, pas assez puissant ils nous font taire avec des matraques sous lesquelles on ploie. A force de coups répétés, de taxes et de décrets, nous n'avons même plus la force de nous rebeller. Survivre est devenu vital. Si nos existences dérangent alors il faut rester là, on ploie mais on ne brise pas. Peut être une côte ou deux, un nez par ci par là, un œil perdu, des dents égarées. Et pourtant on est là, on subit en hurlant, on laisse faire en se révoltant. On a mis des gilets jaunes qu'on nous a arrachés au détour d'un rond point. Aujourd'hui il s'attaque à nos utérus, et moi, et les autres, les elles on se sent attaqués. Laisser nos corps tranquille! Ils ne vous appartiennent pas. Notre maternité n'appartient pas à la patrie malgré ce que dis la chanson. Si mes enfants ne sont pas mes enfants, ils ne sont pas les leurs non plus. Si on veut compter à leurs yeux il faut vénérer le dieu argent et en avoir plein, les poches, la banque, le matelas...certains dans la braguette. Si t'es noir tu te tais, si t'es une fille arabe enlève ton abaya, si t'es blanche enlèves ton croc top, si t'es gay courbes toi, et qui que tu sois ne parles pas trop fort. La justice? Le garde des sceaux n'est plus que le gardien d'un théâtre comique dans lequel se joue des parodies de procès dont les peines anecdotiques ne sont là que pour attiser encore plus de colère et de haine. Liberté pour l'argent, égalité pour la thune, fraternité pour la moula.  

Commentaires

Articles les plus consultés