Maison Close


Des corps avides s'enlaçant dans des draps de soies. Des seins tendus aux tétons couleurs chairs. D'autres plus sombres pointant vers le ciel. Une peau laiteuse, presque couleur de marbre, ruisselante de sueur. On entend aussi des soupirs, des gémissements de plaisirs, des râles rauques. On devine une verge tendue et vigoureuse au bord de l'explosion. Quel bordel! Ces courtisanes vautrées sur ce lit, leurs peaux se frôlant sans aucune pudeur. Se délectant de cette sensualité bestiale sans demander leur reste. Elles usent de leur corps, seules armes qu'elles possèdent pour dominer le mâle, qui croit lui, qu'il domine. Elles s'usent le corps dédommagées par des liasses de billets qu'elles ne possèdent jamais qu'à moité. Là, derrière ces volets clos, se jouent un jeu ancestral où on ne sait plus qui est esclaves de qui. Dans le petit salon, les filles s'esclaffent en attendant que la petite cloche de l'entrée sonne le début du travail. Elles font le job. Rêvant à des jours meilleurs cette jeune blonde arrondit sa bouche pour s'activer au dessus d'un sexe quémandant la délivrance. Se remémorant sa jeunesse presque effacée, cette belle brune resserre son corset pour marquer sa taille qui s'est alourdie avec les années. Dehors, devant la porte on n'allume plus la lampe rouge,non, ils connaissent l'adresse. C'est avec désinvolture et familiarité qu'ils poussent la porte, comme s'ils arrivaient chez eux. Ils savent quelles filles ils préfèrent. Quel corps vibre le mieux sous leur mains viriles. Quel sexe s'imbrique le mieux dans le leur. Oui, ils ont leur préférences. Et elles aussi. Elles collectent les secrets les plus sombres, jours après jours, semaines après semaines, coït après coït. Cette intimité tarifée est aussi l'arène de transaction aux enjeux bien plus élevés qu'une simple somme d'argent. Ces femmes, leurs corps, leurs jeux interdits sont la faiblesse de ces hommes aisés qui ne vont pas à la rue pour se soulager. Entre des draps de soie et un corps expert, leusr langues se délient et pas seulement pour s'adonner aux plaisirs de la chair. Ici, dans cette maison close, les secrets inavoués se faufilent entre deux coups de reins. 

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