Rires d'enfants, larmes d'adultes
Il était une fois, une famille. Des enfants dans tous les coins, souriant, riant. Insouciants. Les liens d'une enfance heureuse se tissant entre chacun. Bras dessus, bras dessous arpentant les salles de fêtes. De mariages, en baptêmes. Ainsi grandissant, heureux de se retrouver à chaque évènements. Les yeux pétillants à l'idée de la prochaine rencontre. Des fratries entières réunies sous l'appellation cousins. Cousins d'abords, amis ensuite. Par affinités, les secrets partagés. Les premières gorgées d'alcools en secret. Les premiers pas de danse. Ensemble, toujours. L'enfance se déroulant, des souvenirs plein la tête. Les réunions familiales où les adultes laissaient les enfants à leurs affaires tout en jetant de temps en temps un regard protecteur. Bien content de profiter de jeux extérieurs nocturnes, interdit autrement, les enfants laissaient les heures s'égrener au grés de leurs éclats de rire.
La vie d'adulte arrive. Les rencontres se font plus rare. La distance entre chacun se mesure en kilomètres. Le lien se maintient à coup de sms et d'appels vite expédiés. Les réunions de familles ne sont jamais complètes. Il manque toujours l'un ou l'autre. Les mariages et les baptêmes se comptent sur les doigts d'une main. D'autres enfants naissent. D'autres liens. Plus de distance encore et la trentaine arrive. Plus de responsabilités. Comment faisaient leurs parents? Qu'est ce qui est si différent? Les souvenirs restent, les liens se distendent un peu. Pas trop. Des vies à construire. Etre adulte implique de se responsabiliser. Moins d'éclats de rire, plus d'heures au travail. Moins de jeux nocturnes, plus d'histoires du soir. Les cousins deviennent des visites estivales. Des noëls en comité restreint. Restent les souvenirs d'enfance, les bruits, les capsules de panachés qui sautent. Les oncles trop saouls, les tantes qui s'affairent. Les odeurs des plats familiaux. La chaleurs des bisous familiaux. Il fait peut être un peu plus froid aujourd'hui.
Il était une fois une famille. La vie d'adulte laisse place aussi au vide. Aux au revoirs soudain. On n'est jamais prêts. L'insouciance d'un enfant qui a grandit avec des cousins cousines et qui pense que la famille c'est pour toujours. Qui aurait pensé entre deux jeux d'enfants devoir dire un jour adieu? Jamais ils n'y avaient pensés. Leur monde était fait de leurs liens familiaux. D'enfants qui avaient partagés les jupes de leurs mamans, qui s'étaient agrippés aux chemises de leurs papas. Des filles et des garçons qui avaient assistés aux mêmes unions, aux même naissances. Des fratries qui avaient connus une famille unie. Comment auraient ils pu penser que le vide que certains allaient laisser serait plus douloureux encore qu'une brûlure au fer rouge? Ils n'auraient pas pu se l'imaginer car cela leur semblait impossible. Sauf que l'impossible est arrivé. Trop souvent. Quand la mort arrive, elle ne prévient jamais. Les cœurs insouciants sont alors criblés de cicatrices douloureuses laissées par l'absence de ceux qui furent autrefois les premiers amis. Des rires d'enfants, restent des larmes d'adultes.
Très profond… et ce texte m’a replongé dans mon enfance, la nostalgie des moments passés avec mes frères et cousins chez mes grands-parents. C’est triste de voir à quel point la vie d’adulte nous fait perdre ces habitudes banales mais intenses et incroyablement grandes en amour et on ne se rend compte de ça qu’à partir du moment où la famille s’agrandit de façon décroissante
RépondreSupprimerQuels mots intenses et justes. Toute la mélancolie, nostalgie se retrouve intensément dans tes lignes. Un plaisir de te lire (même si à quelque part, ça fait un peu mal...).
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