Nuances de Lilith

Devant ta page blanche, quand tu ne sais plus aligner les mots, c'est que quelque part tu t'es enfouie. Assez loin pour ne plus apercevoir ce qui fais que tu es toi. La page blanche est là. Et tu tricotes des mots. Maladroitement. Comme si tu avais oublié. La Liberté, le plaisir, l'indécence de l'écriture. Et tu retiens ta respiration. Est-ce que c'est bien? Est-ce que c'est comme avant? Tu ne sais plus, tu doutes. Les mots t'échappent, tu te mords les lèvres. Cette autre là qui tape des mots fébrilement, sans être sure, c'est toi. Oui, c'est toi. tu ne te reconnais pas? Ne vois tu pas que tes mots sont ton miroir? Un reflet encore un peu flou de celle que tu es, là. Aujourd'hui. Au bout d'une année où tu as cru manquer de souffle. Et là tu te relis, tu te dis que ce n'est pas si mal. Même si ça n'a pas vraiment de sens. tu écris parce qu'hier tu lui as dis que tu ne savais plus. Que peut-être tu n'étais plus celle là, celle qui noircis des pages en permanence, parce que écrire c'est l'essence même de sa vie. Ta vie. Ecrire, pour dire, raconter, te vider, t'alléger et beaucoup d'autres choses encore. A 7 ans, 12 ans, 20 ans tu écrivais pour te sentir en vie. A 30 ans tu écris parce que c'est tout ce que tu possèdes. Parce que personne ne peut t'interrompre. C'est ton moment à toi. Et, ce que tu veux, tu l'imagines, ce que tu ressens, tu le décris. Il existe tellement de mots pour tout dire. Partager, se confier. Et tu les sais. Comme une traversée du désert parfois, tu te sens aride. L'inspiration te déserte. Ou peut-être la vie te broie et alors tu te sens comme sous la pluie. Transie. Et aujourd'hui tu as ouvert cette page et tu as décidé de voir si tu savais toujours, et tu souris en te disant que, oui, tu sais. Et ton cœur cogne, cogne, cogne dans ta poitrine. Celle que tu es, c'est celle là. Tu te dis qu'à coup de mots tu vas t'extirper de là où tu t'es enfouie pour reprendre ta plume.

Commentaires

  1. On dit qu'écrire, c'est hurler sans bruit.
    Peut être que ce n'est pas l'aridité qui t'a fait te taire, mais l'abondance. Le tsunami d'émotions qui t'a submergée et donné tant à écrire que tu n'as plus su par où commencer et que dire.
    On n'est jamais définitivement perdue mais comme tu le dis bien, parfois juste enfouie. Il suffit de creuser un peu, là, ou là, pour voir qu'on n'est pas bien loin de nos premières et éternelles amours.
    Au plaisir de te relire !

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Articles les plus consultés