Du désir au souffrir

Que mon corps soit une  plaie béante, j'en ai l'habitude. Ce que je sais moins c'est l'apprivoiser en amour. Ce corps, avec lequel j'ai une relation si toxique, il faut le donner, l'offrir dans un acte d'amour. Ce corps autrefois meurtri, aujourd'hui accepté avec mal. Cette enveloppe de chair qui cache de sombres secrets doit maintenant être le temple de la passion, du partage et s'ouvrir à l'épanouissement. Comment saurais-je passer du vice au vrai? Savoir dire à l'autre que l'amour est si pur que le transmettre avec ce corps souvent haï n'est pas chose simple. Loin de là. Mais j'apprends. Parfois je me laisse aller, je lâche prise et alors je découvre que je sais. Mon corps sait. Ce n'est pas encore inné. Pas encore naturel. Il me faut du temps pour laisser venir ces sensations nouvelles. A l'ombre de mes idées noires, mes envies se perdent. D'un instant à l'autre l'appel d'un autre corps peut s'éteindre comme une bougie capricieuse. Je ne contrôle rien. Des années d'entrainement à la noirceur m'ont privés de ces émois innocents. Entre mes cuisses une bataille se joue entre moi d'hier et moi d'aujourd'hui qui tente de guérir. On n'apprends pas l'amour, on le vit. On n'apprends pas la sensualité, on la donne. Quand on joue avec le feu on se brûle. Et quand le désir s'allume en moi, je suis une que je ne connais pas vraiment, et je prend peur et j’éteins la flamme effrayée. Hier trahie par ce corps, je m'efforce d'en faire un allié. Sans me dérober. Je ne suis pas tatouée par le mal, juste un peu meurtrie dedans. Donner mon corps dans la douceur est un acte de foi. D'amour et de fierté à la fois. Pour dire, oui, je suis debout. Je lutte et je ne me définis pas par la violence. Violence subie. Violence imitée. Violence intégrée. Cette violence que je renie aujourd'hui car ce n'est pas ce que je veux, ni ce qui m'anime. Je t'aime un peu toi mon corps et demain je t'aimerais beaucoup. 

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