Interruption volontaire

Mon corps est resté là bas. Celui que tu vois. Que tu touches et effleures n'est plus le mien. Mon esprit est resté en suspens et mon âme ne me pardonne pas. Trahie, je suis. Par moi même. Rien de grave et pourtant. Je ne trouve plus le chemin. Depuis là. Depuis lui ou elle. J'erre en me trompant de but. Je me heurte à moi même. Tels des milliers de murs infranchissables. Choir de soi et chercher comment se relever. Des mois sous une couverture apaisante et un jour par obligation être forcée de remettre un pied devant l'autre. Mais mon corps est resté là bas. Prisonnier de la mémoire de lui ou d'elle. Les années passent et il ne revient pas. Dissociée d'une vie qu'il faut quand même mener. Branlante, je tiens debout grâce à je ne sais qu'elle force divine plus grande que moi. Car oui, je suis toute petite. Courbée devant les choix contraint que je me suis infligés. Mémoires de supplications etouffées. N'ayant trouvé aucun echo à ma détresse. Ni en moi ni hors de moi. Le présent se colle à moi et me presse de vivre. Oui, je suis là et je vis. Je n'ai pas le choix. Je dois. Comme j'ai du. Me défaire de lui ou d'elle. Mon corps est resté là bas. Il ne m'appartient plus. Rupture d'avec la part de moi que je respectais. Et sans pardon, pas de retour possible. Les souvenirs subsistent à travers ce manque cruel de moi. Celle à qui tu souris n'est pas moi. Ce n'est qu'une ombre colorée. Mon corps est resté là bas.

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